londres – mai 2018

31 août 2018 § Poster un commentaire

 

En mai 2018, à l’Institut français de Londres, s’est tenu le Beyond Words Live French Literature Festival et sa soirée « Noémi Lefebvre, Eimear McBride & Fresh French Voices », à laquelle j’ai eu le plaisir d’être conviée avec l’écrivain Pierre Senges, mon compagnon, et de Jeanne Guyon, éditrice chez Verticales, pour une discussion animée par Emmanuel Bouju. Le texte déjà présenté à la Maison de la poésie de Paris en janvier, À bras-le-corps, une histoire de crédit, a été lu dans sa version anglaise (Tooth and Nail : A Credit History, trad. Jacob Siefring).

On trouve plus d’informations sur le festival ici.

London © Jeanne Guyon - Verticales

Pierre Senges et Lucie Campos du bureau du livre, et moi, dans la bibliothèque de l’Institut. © photo Jeanne Guyon – éditions Verticales

istanbul – mars 2018

30 août 2018 § 2 Commentaires

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L’écriture, c’est souvent marcher sur une corde raide, faire route en solitaire, avec pour tout bagage un doute qui oscille et une matière sensible. Et il arrive que par l’écriture, ou grâce à elle, on vous invite au voyage.

Ainsi, fin mars s’achevait une résidence d’un mois au lycée Sainte Pulchérie, à Istanbul. Il s’agissait, en parallèle de mon propre travail et en collaboration avec les professeurs, de mener des ateliers d’écriture auprès de quatre groupes d’élèves turcs apprenant le français. Le projet présenté : écrire un texte poétique à partir d’un lieu de leur choix, dans la ville. L’objectif : obtenir un portrait mosaïque d’Istanbul à partir du regard sensible des élèves. Ce lieu, évocateur pour l’élève, pouvait être intime (une chambre, un escalier) ou partagé (une rue, un café), et le texte, selon les capacités et les désirs de chacun, pouvait prendre la forme d’un poème en vers libres ou être plus simplement descriptif, ou encore nous raconter une histoire. Il fallait par la suite capter l’environnement sonore du lieu choisi, apprendre à mettre en voix son texte et l’enregistrer pour, au final, produire un montage regroupant poésie lue et captation.

À la fin du mois, huit textes de l’ensemble ont fait l’objet d’une mise en scène par les élèves dans huit salles de classe. Par des projections, lectures et diffusions sonores, par la conception de décors, parfois des costumes et de la musique, ils ont eu à interpréter librement, à recréer et inventer l’ambiance des lieux en un parcours libre que les parents et le public ont pu visiter.

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(L’une des salles préparées par les élèves pour la restitution du 29 mars 2018, avant l’arrivée des visiteurs.)

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« Se regarder dans un monde nouveau. Puisque regarder l’autre c’est chercher, même malgré soi, à s’apercevoir. » 18 mars 2018

Pendant ce même mois, en filigrane, et en lien avec ces ateliers, j’ai pour ma part travaillé à composer un « journal d’Istanbul », à recueillir des notes poétiques depuis certains lieux, à partir de lectures d’écrivains turcs et d’autres auteurs ayant écrit sur Istanbul. J’ai aussi amorcé un recueil de captations sonores, au hasard de mes déambulations, et essentiellement musicales. On retrouvera plus bas, à la suite de Gautier, l’extrait de mes carnets lu le soir de la restitution (l’entrée du 19 mars) ainsi qu’une des empreintes sonores recueillies.

« Les eaux bouillonnantes se brisaient sous le soleil en millions de paillettes d’argent, rasées par des essaims d’oiseaux blancs et noirs, désignés sous le nom poétique d’âmes en peine, à cause de leur inquiétude perpétuelle ; on les voit filer sur le Bosphore par vols de deux ou trois cents, les pattes dans l’eau, les ailes dans l’air, avec une rapidité extraordinaire, comme s’ils poursuivaient une proie invisible, ce qui les a fait appeler aussi chasse-vent. (…) Quand ils passent près des barques, on dirait des feuilles sèches emportées par un tourbillon d’automne et ils éveillent toutes sortes d’idées rêveuses et mélancoliques. » Constantinople, T. Gautier

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19 mars 2018 / Disparition de la ville dans le brouillard. La sirène d’un bateau, les cloches de deux écoles se rencontrant sous les toits, le lieu où je loge, et le cri des goélands. Savoir que l’écriture ne résout peut-être rien mais concilie ou héberge : identités multiples, singularités, contraires ou contradictions apparentes. Tous bienvenus en elle et chez elle : l’écriture. Il y a une rencontre possible à travers les textes des élèves. Le dialogue peut naître de la forme et par les refrains. Là où pouvait surgir une incompréhension, celle de la langue maternelle, dans les textes tout se crée et dès lors, tout s’entend et devient possible.

Tout se résout, dont l’impossible question du temps, dans la création.

 

* Je tiens à remercier Alexandre Abellan, directeur de l’établissement, et Jülide Bigat, assistée de Yasemin Şahan, aux communications, pour leur accueil chaleureux. Merci également à Christelle Ducrot, bibliothécaire, aux professeurs, Madame Aysun et Madame Nurdan, et à leurs élèves, pour leur enthousiasme et leur participation. Un merci tout particulier à Julian Baillargues, responsable pédagogique, pour ses idées pertinentes, son accompagnement constant et son énergie communicatrice ! Enfin, merci à Judith Mayer d’avoir rendu cette expérience possible ainsi qu’à Virginie Frénay de la Maison des écrivains et de la littérature, à Paris, pour sa confiance.

maison de la poésie de Paris – janvier 2018

24 août 2018 § 1 commentaire

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« Ces dettes qui nous relient »

À l’invitation d’Emmanuel Bouju, table ronde animée par Vincent Message, avec Noémi Lefebvre, Thomas Clerc et Mazarine Pingeot.

Le texte de commande lu lors de cet événement, À bras-le-corps, une histoire de crédit, suite à sa présentation à Londres en mai, est à paraître en anglais (traduit par Jacob Siefring) dans la revue britannique Hotel.

Extrait du programme :

Dans un contexte d’accroissement des inégalités et de crise écologique, la dette est à la fois ce qui vient limiter le pouvoir d’action du politique, l’horizon menaçant qui justifie le maintien de l’orthodoxie financière, et ce qui vient faire pression sur les individus jusqu’à détruire leur liberté d’agir. Les États doivent-ils se sentir tenus de rembourser leurs dettes ? Quels récits de la dette peut-on mettre en circulation pour s’ouvrir à d’autres possibles ? Pour explorer ces enjeux, une première journée, le samedi 27 janvier, réunira des philosophes et théoriciens de la littérature (Frédéric Gros, Raphaëlle Guidée, Nathalie Sarthou-Lajus, Patrick Savidan) puis des écrivains auxquels ont été commandés des textes inédits sur la question (Thomas Clerc, Hélène Frédérick, Mathieu Larnaudie, Noémi Lefebvre). Aux deux tables-rondes de l’après-midi succédera une soirée de lectures.

 L’événement est organisé par Emmanuel Bouju, Vincent Message et Mazarine Pingeot, avec le soutien du programme « Littérature à crédit » de l’Institut universitaire de France, de l’université Rennes II et de l’université Paris 8 Saint-Denis. La deuxième journée de Ces dettes qui nous relient aura lieu le samedi 24 mars.

et l’ami qui disparaît

23 août 2017 § Poster un commentaire

 

« Au cœur de cet hiver où les muscles des plus forts ne servent qu’à grelotter, je me pelotonne et je dors. »

Dévadé

Ducharme
© Gallimard

 

 

en l'état…

27 février 2009 § Poster un commentaire

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