beautés américaines

10 janvier 2008 § Poster un commentaire

En voyant les beautés de ce lieu, je pense à celles de l’Amérique et je constate que toute comparaison est impossible. Ici l’harmonie et la richesse des décors, des centaines d’années de peaufinage de tout, des siècles de compromis entre héritage et modernité. La tradition se ressent dans tout. Je ne finis pas de m’en étonner. Dans les manières, la gastronomie, etc.* Là-bas la beauté s’exprime, il me semble, d’une façon plus brute, sauvage, qui me manque atrocement parfois, et qui semble à la fois choquer et séduire les Européens. La nature française est organisée, soignée, elle a été ratissée, domestiquée, exploitée, ce qui donne des cultures et élevages sans nul autre pareil. La nature américaine (je ne fais nullement référence ici exclusivement aux Etats-Unis) est sauvage, elle gagne sur vous, ses bruits vous font peur, elle a encore mille secrets, elle vous avale tant elle est troublante. Elle fascine peut-être pour son caractère incontrôlé et incontrôlable. Enfin je parle pour moi.

Je mélange tout, je sais. Et d’autres ont écrit là-dessus avant moi. Mais voilà parfois à quoi je pense en marchant du haut de la rue Mouffetard à l’avenue des Gobelins. Et je me dis que la force des traditions d’ici ont forcément pour conséquence parfois un certain ennui, et que ce dernier facilite les choses aux marchands étrangers et autres MacDonald’s.

*Au marché (encore le marché !) on demande souvent « un avocat pour demain » ou « un melon pour samedi », afin de décrire avec précision le degré de mûrissement voulu. Tout jeunes déjà, des adolescents veulent une baguette (encore la baguette!) pas trop cuite ou bien croustillante. On dit bonjour aux inconnus croisés dans un immeuble, ne rien dire ne se fait pas. On vous bouscule souvent dans la rue, mais on n’oublie jamais de vous tenir le rabat du tourniquet à l’entrée de métro, on vous dit « ben ce n’est rien, hein » si vous dites « merci ». Le fromager, lorsque vous lui demandez un petit cabécou, ou un bouton de culotte, vous demande si vous le voulez frais, un peu ferme, ou bien sec. Il vous explique tous les degrés d’affinage que vous voulez mais s’agacera un autre jour de vos hésitations devant tant de merveilles et de savoir-faire fermier.

Les commentaires sont fermés.

Qu’est-ce que ceci ?

Vous lisez actuellement beautés américaines à notes obliques.

Méta