zen plastique

17 avril 2008 § Poster un commentaire

Je ne suis pas une héroïne de l’exil.

Passage dans le Vercors il y a une dizaine de jours. Pour la première fois je visitais Grenoble après un peu d’air pur à la montagne. Quelques heures seulement et j’ai eu cette impression rare : le sentiment d’être à la maison, d’être au cœur de quelque chose mais près de moi, de respirer enfin. Au moment de prendre le train, de quitter l’endroit pour rentrer à Paris, pour rentrer chez moi, presque une panique. Des larmes me montaient aux yeux inexplicablement, sans qu’aucun incident n’ait eu lieu. Je n’ai pas compris ce qui se passait.

Depuis lorsqu’un sentiment d’étouffement parisien revient, et cela arrive assez souvent, je repense à cette ville et le calme s’installe. Je grignote les noix fraîches achetées là-bas en y repensant, je les cuisine à toutes les sauces. Je revois les rues aboutissant toutes ou presque à des montagnes géantes au sommet enneigé, des montagnes comme je n’en ai jamais vues, qui rappellent à tout moment le plus grand que soi *. J’entends le tramway glisser silencieusement au milieu des rues et des gens à la démarche tranquille, j’avale en pensées à nouveau le thé dans un café aux plafonds très hauts où des étudiants travaillaient sur de belles tables aux bords arrondis par l’usure. Le temps s’est arrêté à Grenoble. Une sorte de suspension dont j’ai peine à me détacher depuis. Une ville enclavée, et on dirait protégée, mais qui respire. Une ville à taille humaine. Un peu proprette, mais malgré tout usée.

Paris, à côté, a le charme de la saleté et de la richesse, du foisonnement à l’infini et de l’impatience. Il faut y entrer comme on entrait, petit, dans la rotation de la corde à sauter. Et après se laisser prendre au mouvement. Puis chercher sa respiration.

* La formule de ce « plus grand » a beau être kitsch et d’un zen de plastique, elle me rassure.

Les commentaires sont fermés.

Qu’est-ce que ceci ?

Vous lisez actuellement zen plastique à notes obliques.

Méta