rouille

20 mars 2009 § Poster un commentaire

J’utilise ce lieu parfois quand la rouille menace de s’installer, quand le muscle menace de se relâcher un peu trop, annonçant qu’il sera difficile de s’y mettre en repoussant davantage l’échéance. L’écriture est un muscle, n’est-ce pas.

Hier je discutais avec une gentille jeune femme, avenue du Président Kennedy, 16e arrondissement. Pour répondre à ses questions, je lui confiais qu’il avait été très difficile, en m’installant ici, de me retrouver du jour en lendemain sans autonomie et sans reconnaissance, puisque sans véritable travail. Je lui confiais aussi être en train de vivre le deuil d’amitiés dorénavant impossibles à vivre, disons dans la même confidence et la même intimité qu’autrefois, à cause de la distance et des nombreux fuseaux horaires à franchir comme un fossé devenant de plus en plus creux. En nommant tout ça (il est rare pour moi de pouvoir le faire à Paris), je réalisais secrètement à quel point ce lieu, ce blog, là, où je vous écris, est utile, à quel point il est une sorte de pont entre moi-ici et moi-là-bas, une sorte de réconciliation entre les deux, un terrain d’entente, et pour ces raisons, un apaisement.

Et dire qu’au début, je me demandais un peu pourquoi j’inventais cet endroit. C’était ni plus ni moins qu’une question de survie psychique et mentale. C’est devenu très clair aujourd’hui. La vie n’est-elle pas étrange ? Elle nous éclaire parfois bien tard sur des agissements passés. Mon grand-père Louis-Philippe, un homme très charismatique, disait “je me croyais enfoncé dans la merde, et en fait, j’étais justement en train de m’en sortir”. J’ai souvent expérimenté cela.

Tiens, je me croyais menacée par la rouille, alors que j’étais à la vérité en train de huiler la mécanique.

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