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24 mars 2016 § 3 Commentaires

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« Et c’est en somme une façon comme une autre de résoudre le problème de l’existence, qu’approcher suffisamment les choses et les personnes qui nous ont paru de loin belles et mystérieuses, pour nous rendre compte qu’elles sont sans mystère et sans beauté ; c’est une des hygiènes entre lesquelles on peut opter, une hygiène qui n’est peut-être pas très recommandable, mais elle nous donne un certain calme pour passer la vie, et aussi – comme elle permet de ne rien regretter, en nous persuadant que nous avons atteint le meilleur, et que le meilleur n’était pas grand’chose – pour nous résigner à la mort. »

Marcel Proust, À l’ombre des jeunes filles en fleurs

§ 3 réponses à approcher

  • Jean-Michel Sivry dit :

    En quelque sorte le pendant, en négatif, de cette autre confidence excessive et merveilleuse sur la naissance de l’amour.

    « Que nous croyions qu’un être participe à une vie inconnue où son amour nous ferait pénétrer, c’est, de tout ce qu’exige l’amour pour naître, ce à quoi il tient le plus, et qui lui fait faire bon marché du reste. »

    Oui, pessimisme. Le « certain calme » et la résignation à la mort ne sauraient être qu’une absence d’entropie, qui voudrait dire que nous sommes mort avant la mort.

    Quant à la seconde citation, quel chagrin que cette croyance, cette espérance se bute sans cesse à la révélation sous le microscope de l’imperfection des choses et des êtres. Je préfère adopter ce qui sourd de la voie philosophique japonaise de « sabi ». Et me ravir, avec Flaubert : « Qui sait à quels sucs d’excréments nous devons le parfum des roses et la saveur des melons? »

    • hélène frédérick dit :

      Heureuse de lire Flaubert par ici. Merveille que sa correspondance : vive, pleine de fougue et d’humour. Mais il est aussi pessimiste à ses heures…

      Je ne connais pas cette voie philosophique, suis fort intriguée. J’irai voir, cher Jean-Michel!

      • Jean-Michel Sivry dit :

        Le pessimisme de Flaubert est, d’une certaine manière, accueillant. Il veut qu’on rigole avec lui de son inquiétude et des bassesses du monde. Il démolit la langue avec la plus belle phrase du monde (l’histoire du « chaudron fêlé »).

        Sabi. Tu pourrais explorer ça dans « L’éloge de l’ombre » de Jin-ichirō Tanizaki. Bonnes lectures et bon séjour à Montréal.

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