souterrain

11 mars 2008 § Poster un commentaire

Je prends goût aux lettres de Leïla Sebbar. Sa façon de vivre l’exil et de le raconter enrichit, ou nourrit ma perception des lieux, ma manière de les appréhender.

Je suis habitée par toutes sortes de fantômes. Ils me visitent en rêve surtout, où temps et géographies alternent étrangement et se confondent. Les différentes villes habitées, les personnages : une ronde qui m’étourdit et dont j’aimerais parfois me libérer. Je fais le vœu d’être paisible.

Il m’arrive d’ouvrir la fenêtre pour travailler et cette constatation : je suis de moins en moins sensible au bruit des voitures, scooters et camions de livraison. Comme si peu à peu le silence revenait s’installer en moi. Je me souviens avoir eu du mal à dormir en arrivant à Montréal. Le bourdonnement de fond de la métropole agaçait mon oreille au tout début. Ici c’est une cacophonie. Mais elle aussi s’incruste lentement et parvient à m’apprivoiser.

Je continue de m’étonner des légendes qui circulent ici sur le Québec, même parmi les gens les plus instruits, ou les mieux renseignés. Au cours d’un souper l’autre soir, entre le Bilan carbone de l’une et ce qui se passe en Sarkozie, il était question de : « Oui, il fait froid à Montréal mais les gens sont protégés par des souterrains ! ». On me questionnait de tout bord tout côté, on s’étonnait encore une fois d’apprendre que tout le Canada n’est pas bilingue, que nous ne sommes que trente-trois millions sur ce territoire immense, etc. Me revenaient en mémoire des passages du Nez qui voque, et je rêvais de Minganie en finissant ma blanquette.

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Méta