silhouette 719c

27 mars 2008 § Poster un commentaire

On donna le départ d’une course dans les bois. Tout était plein d’animaux. Je tentais de mettre de l’ordre. (Kafka)

C’était le départ de la course quotidienne. Tout était plein d’animaux, et. Des oiseaux surtout. Je devais les prendre et les cuire. Des oiseaux de terre, des perdrix, ou des poules d’eau. Une fois attrapés, je les plumais bien, j’ouvrais leur ventre, en étudiait les viscères (mais rapidement et sans que ce soit su) pour cette passion que je nourrissais, avant de les farcir de ce qu’on me donnait, de les reprendre en brassées pleines, à glisser sur mon épaule. Oiseaux en baluchon je courais aux fours de pierre ou bien aux broches, j’étalais mon butin sur les planches qui tenaient encore.

Pour le lièvre il fallait aller aux collets ; il fallait les poser puis les relever, les collets. Les tendre. Une fois les lièvres pris, leur enlever la peau pour la faire sécher aux branches, comme des trophées.

Je n’avais qu’une envie. Rester le nez collé aux rochers roux, observer de près les creux, les rainures plus sombres ou plus pâles, demeurer. Alors que je courais d’oiseaux en lièvres, de suifs en feux de feuilles mortes, je rêvais de rochers parfaits, d’écailles de poisson, de tourbières vierges. Au lieu, je tentais de mettre de l’ordre parce qu’on le demandait et parce que je ne connaissais pas la désobéissance.

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