la bohème cosy

18 juillet 2008 § 1 commentaire

Il y a de ces poètes à la sensibilité douteuse. Il est de ces gens qui, lorsqu’ils vous confient leurs douleurs, vous donnent l’impression d’être capables d’empathie, et qui pourtant n’ont de points névralgiques que pour les leurs. Il y a de ces poètes qui s’apitoient sur eux-mêmes et qui, sous des airs de vous demander trois fois rien vous demandent en fait la lune sans jamais que vous ne puissiez vous en apercevoir à temps. Ces poètes n’ont d’émerveillement, au fond, que pour ce qui leur rappelle ce qu’ils sont. Sous des airs de détachement et de bohème cosy juste ce qu’il faut, ils ne demandent qu’à être rassurés par la vision du reflet de leur propre contentement dans une glace; ils se cherchent dedans vous et seront déçus s’ils ne se trouvent pas.

Et pourtant lorsqu’ils ouvrent la bouche, ces poètes aux vêtements pré-usés, à la pauvreté drôlement confortable (derrière laquelle se cache souvent la bourgeoisie la plus sourde), sont non seulement entendus mais écoutés, non seulement remarqués mais véritablement admirés. Et pourtant leurs discours sonnent creux et ne peuvent tenir que dans une absence de véritable matière au doute.

J’ai croisé une ou deux fois l’un des membres de cette société des poètes bourgeois. Il me confiait ses peines et, par chance ce soir-là, aussi ses enthousiasmes. Cependant dès que j’osais intervenir, et à tous les coups, je voyais ses yeux se retourner vers l’intérieur, plus exactement se tourner vers lui-même, ou bien chercher à fuir mes yeux, et sa bouche avaler hypocritement un baîllement. Il se cherchait dedans moi, et déçu de ne pas se trouver, il s’ennuyait. J’aurais dû lui tendre un miroir et me taire. Derrière ce miroir, cachée pour ne pas l’offenser, j’aurais tenté le dialogue avec un livre.

§ Une réponse à la bohème cosy

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Méta