sur le trottoir

23 octobre 2008 § 1 commentaire

Il y a deux ans jour pour jour, je me préparais un dernier café coin Bernard et Waverly. Avant de m’envoler avec deux valises, après avoir donné ou vendu pour trois sous mes petites affaires, je laissais le romarin et le laurier dans le jardin en me mordant les doigts, je jetais à la poubelle les deux ou trois babioles auxquelles je tenais mais qui étaient de trop, je laissais sur le trottoir les notes universitaires dont mon père ne voulait pas qu’elles encombrent son sous-sol. Je regardais une dernière fois la devanture de l’appartement derrière moi, une fois assise dans le taxi, les yeux embués comme il se doit. On se serait cru dans Vivre sa vie. Ça se passait presque en noir et blanc.

Je me demande aujourd’hui ce que j’ai réellement laissé sur ce trottoir. Depuis, la distance m’a fait perdre quelques amitiés (et on dirait que je n’y peux plus rien), m’a donné quelques cheveux blancs, et m’a surtout apporté l’*** qui me manquait : l’essentiel.

Professionnellement (ah le vilain mot), les choses ne sont pas encore tout à fait fixées, ici, et cette instabilité, cette précarité, ne me va plus. Ce qui fait qu’aujourd’hui je pédale fort, les yeux fermés, rive gauche près de la Seine, en tenant solidement mon guidon (l’écriture). J’espère avoir pris le bon chemin, comme il fallait faire à la fourche du petit bois à Rita.

§ Une réponse à sur le trottoir

Qu’est-ce que ceci ?

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Méta