Trèfles à trois feuilles

18 juin 2007 § 1 commentaire


Il fallait enlever les jeunes pousses sur le tronc des norway maples et des frênes, pour en faire des arbres forts qui iraient bien droit vers le haut. Il fallait prévoir ce qui ne se voyait pas.

J’aimais courir en robe de nuit dans la rosée tombante. J’aimais savoir ce qu’elle annonçait. J’ai appris à regarder le ciel au couchant pour connaître le temps du lendemain. J’ai préparé des châteaux forts pour insectes qui n’ont pas apprécié malgré le sucre. J’ai voulu rejoindre les grenouilles du ruisseau Rimbeault, chasser les Riendeau et les frères Papillon, fils de voleur. J’ai voulu voir le mangeur de canards, aussi gros qu’un loup, grand duc de la nuit : j’ai été déçue. J’ai nourri les colverts et leurs femelles de restes de maïs en épis, le soir, à la brunante. J’ai nourri les lièvres de R***, et son mouton qu’on a tué plus tard et fait griller. J’ai vu ce même R*** assommer ses mauvaises poules sur le mur de la grange.

J’ai marché longuement dans la poudrerie sur la rivière glacée, puis ce fut celle des trottoirs de la capitale, puis encore de la métropole, en portant les courses d’une maisonnée improbable. J’ai beaucoup avalé de nouveautés.

Maintenant j’arpente les souterrains d’un autre monde. Il n’y a plus l’odeur de trèfles mais celle des marronniers en fleurs ou de l’urine des fêtards. Les maîtres Robillard ou Kosulja dorment sur des bancs publics et cachent leur dernier litre de rouge.

§ Une réponse à Trèfles à trois feuilles

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Méta